Noël en été

A l’approche de Noël, nous sommes encore dans l’hémisphère sud et donc en plein été. Pour trouver une ambiance plus hivernale nous montons dans le grand nord et prenons de l’altitude. Équipés de nos guirlandes nous atteignons donc San Pedro de Atacama et ses montagnes… de sable.

San Touristo

Le « village » de San Pedro de Atacama nous laisse mi-mangue mi-avocat : c’est très joli, rustique. Aucun bâtiment de plus d’un étage, l’architecture des maisons est protégée (mur en pierres et adobe, toit en paille), le village a donc beaucoup de caractère ; mais toutes les « maisons » du centre sont en fait des bureaux de tour-operators, des hôtels, des restaurants, des bars, des cyber-cafés. Les rues en terre sont remplies de touristes. Un très beau décor, pas vraiment d’âme. L’avantage c’est que nous nous installons dans une très belle auberge, Vilacoyo, et nous avons la meilleure chambre, celle entièrement en pierre avec un très haut plafond en branches.

Biathlon

Pour notre première journée (toujours en quatuor) dans le désert d’Atacama nous partons en vélo en direction de la Valle de la muerte, la vallée de la mort. Nous louons des VTT mais aussi des planches en bois équipées de footstraps que nous allons utiliser dans les dunes ! En effet, nous allons nous auto-initier au sandboard, le surf des sables. Après quelques essais pour prendre nos marques, nous arrivons à tracer quelques jolies courbes.

Deux gros inconvénients quand même : – la descente se mérite ! Remonter dans le sable, en plein soleil avec de grosses rafales de vent, c’est long. – il faut sans cesse « farter »* la planche pour qu’elle glisse. En fait, il faut même le faire à mi-descente car la planche s’arrête toute seule…

Conclusion : très sympa à essayer une fois, mais pas forcément plus.

Tête en l’air

Dans le désert d’Atacama il ne fait presque jamais mauvais et c’est pourquoi le plus grand télescope du monde est en train d’y être construit (voir cet article en anglais). Mais pour le commun des mortels il est toujours possible d’aller rendre visite à l’astronome Alain Maury, encore un français, installé ici depuis sept ans. Nous passons la soirée à l’observatoire de Spaceobs pour quelques révisions d’astronomie et un coup d’œil dans les huit télescopes à disposition. La lune étant presque pleine, le ciel n’est pas très impressionnant mais grâce aux appareils optiques nous observons trois nébuleuses dont une planétaire, une galaxie spirale, un amas globulaire. Et bien sûr, la lune !

Le lendemain nous préparons à manger et nous apprêtons à retourner dans le désert pour y camper. Camper, parce que nous sommes le 24 décembre 2010 ! Plutôt que de partir en taxi nous détournons la voiture de location de Henri, un français (encore !) seul pour quelques jours. Il nous emmène à nouveau dans la Valle de la muerte et le moins que l’on puisse faire, c’est partager avec lui notre osso buco, nos scones et notre vin chaud !

Nous aurions bien fait un sapin de Noël mais le premier arbuste est à plusieurs kilomètres alors ce sont les tentes qui ont droit aux guirlandes et aux boules de Noël. Au petit matin, le père Noël est bien passé : point de jouets chinois mais un joli lever de soleil dans les dunes. A croire qu’on a bien été sages cette année, c’est exactement ce qu’on avait demandé !

Le tour infernal

Dans l’ambiance féerique de Noël, nous mettons ensuite le réveil à 4 heures du matin et embarquons dans un énorme bus 4×4 pour aller voir les geysers d’El Tatio. Bien que désagréable, cet horaire est justifié : à 4600 m d’altitude, l’eau des geysers se condense en sortant du sol et le spectacle au lever du soleil est vraiment grandiose. Mais ! Dès que le soleil chauffe un peu, l’eau bouillante se condense moins et on ne voit pratiquement plus la vapeur des geysers…

Notre promenade pour touristes nous emmène ensuite dans un petit village « typique » (= de jolies maisons vides où l’on peut acheter des souvenirs) et surtout dans la « vallée des cactus » où nous observons d’immenses… cactus. Les plus grands sont plusieurs fois millénaires et ont fière allure. Nous revenons un peu réconciliés avec les « tours » car nous n’aurions pas pu faire cette jolie balade par nous-même et ça valait vraiment le détour.

Lagunas

L’après-midi, plutôt que de nous reposer, nous repartons avec Henri en direction du sud-est et surtout vers le haut. Nous montons plus de 2000 mètres dans un joli paysage désertique, jusqu’aux lagunas Miscanti et Miñiques. On les découvre au détour d’un virage, à 4200 mètres d’altitude : de grands lacs bien bleus aux bords blancs salés, encadrés de volcans. Nous restons tous les cinq à profiter de l’incroyable paysage jusqu’au coucher de soleil. Avec nous, seulement des flamants roses ! Un coup de cœur pour nous cinq.

Beau comme un camion

Céline est comblée par les beaux oiseaux des lagunes, mais Olivier réclame depuis des mois de voir de bons gros camions. Il va enfin être satisfait par la visite de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Nous commençons par une étape à feu la ville de Chuquicamata. Dixit le guide, ce sont de nouvelles directives environnementales internationales « très strictes » qui ont poussé à l’évacuation de la ville il y a deux ans. Comme si des tonnes de poussière déversées chaque jours à moins d’un kilomètre pouvait incommoder les habitants… de toute façon ils travaillaient tous à la mine ! Ah, ces normes internationales…

Durant la visite, nous sommes surtout époustouflés par le gigantisme : la mine fait plus de 4 km de long, 3 de large et 1 de profondeur. A l’intérieur, y circulent 100 camions géants localisés par GPS et dirigés par une tour de contrôle. Les camions qui remontent la roche extraite du fond de la mine sont vraiment énormes, les 4×4 ressemblent à des voitures téléguidées à côté.

Quelques chiffres : 20000 travailleurs, 5 millions de dollars le truck d’une durée de vie de 10 ans, 40000 dollars la roue qui dure un an, 400 tonnes de charge, et surtout une consommation de 3 litres par… minute ! Sans parler de l’impact sur le terrain, c’est une véritable usine à CO2 ! Il n’a pas plu ici depuis 2006… et ça ne devrait donc pas arriver avant un moment.

* étaler de la cire de bougie sous la planche pour qu’elle glisse mieux

Vous aimerez aussi...

6 réponses

  1. Sandra dit :

    Prem’s
    voilà pour les mauvaises langues !!
    Hi hi hi

  2. Danielle dit :

    Magnifique !
    Pas la mine, ni les camions, mais tout le reste, les geysers et les lagunas.Et vous bien sûr, avec vos bonnets de Père Noël !

  3. Ho la la, vous me faites sacrément plaisir avec les panoramiques magnifiques, les photos de la lune (faudra m’expliquer comment vous avez fait), le photo lighting « Joyeux Noël ».

    En plus malgré tout ce contenu on a pas trop de décalage sur votre voyage.

    Bises les globe-trotters !

  4. Sandra dit :

    Bon cette fois-ci plus sérieusement…
    Les photos sont splendides !Dans les coraux il manque juste les poissons !
    J’aime beaucoup les panoramiques et le décollage du flamant rose !
    Olivier n’oublie pas qu’en Australie on a vu les camions en pièces détachées !!
    Bravo encore pour tout ce que vous faites !
    Plein de bises à vous deux !
    Les boucles sont splendides !!!

  5. Paradisi dit :

    Encore une fois c’est trop fort! Et merci de la part de Leo pour les photos d’animaux et de dumpers mais je crois que cette fois les camions vont l’emporter sur les lamas… (car « les camions, c’est sa grande passion »)
    Bises

  6. Anonyme dit :

    Whaou, ca fait bien envie ce petit aperçu! Ca a l’air génial. Nous, nous allons seulement visiter l’île de Chiloé (oui on sait, nous ne sommes pas des rapides!!!) Bisous

Laisser un commentaire