Altiplanant

Notre découverte de l’Altiplano et de la Bolivie commence par une boucle à travers le Sud Lipez. Notre parcours ne descend pas à moins de 3300 mètres, mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle nous avons le souffle coupé !

Eviter un mauvais tour

Pour visiter le Sud Lipez, il n’y pas vraiment d’autre option que de se joindre à un tour organisé, ce qui nous enchante peu : les agences proposent des prix élevés, pour des prestations moyennes et identiques pour les centaines d’autres touristes qui veulent voir les merveilles de la région. Nous avons donc peur d’expédier chaque site, en compagnie de 40 autres personnes…

En plus, ce n’est pas facile de choisir parmi les 50 agences de la ville d’Uyuni. Finalement, le hasard a choisi à notre place. Quand une nième dame nous propose un tour, nous nous laissons tenter. Nous lui expliquons que nous voulons faire un parcours un peu spécial avec l’ascension des volcans Licancabur et Tunupa. Elle accepte, nous propose un prix correct et nous promet un guide très patient.

Sur internet, deux sites confirment la gentillesse du guide, Agostino : nous signons donc illico pour 6 jours ! Nous ne le regretterons pas car Agostino est vraiment à notre écoute et Lola, sa femme, nous prépare de délicieux repas. Nous n’hésitons pas pour recommander leur agence : Quechua connection (ils sont Quechuas).

Salar bien !

Le salar d’Uyuni qu’est ce que c’est ? C’est le plus grand désert de sel du monde, c’est blanc (comme du sel par exemple) et très plat. Très plat, mais pas lisse car la croûte salée présente des polygones dont les bords sont en relief : pas si facile que ça de circuler à vélo… mais c’est tellement beau !

Au milieu de cette immensité blanche, il y a une mine de sel, un cimetière de trains, un hôtel fabriqué en blocs de sel (dont l’entrée est réservée aux personnes « achetant quelque chose ») et quelques îles.

C’est aussi le décor de photos toutes plus stupides les unes que les autres, nous essayons d’apporter notre pierre à l’édifice.

Nous faisons halte sur l’une une des îles du salar : Incahuasi. L’île est couverte de milliers de cactus cardón millénaires. La localisation de l’îlot et sa végétation sont incroyables, il faut juste réussir à faire abstraction des dix 4×4 qui y sont stationnés… Heureusement, nous y parvenons et nous émerveillons devant chaque cactus !

Réveillon (nous tôt)

Le soir, nous posons la tente vers le village de Coquesa, en bordure du salar. Nous sommes le 31 décembre et pourtant, le soir pas de folie : nous buvons un verre de cidre et nous sommes couchés à dix heures.

Et oui, le lendemain nous allons gravir le Tunupa : 1100 mètres de montée pour atteindre 5050 mètres. Nous appréhendons un peu, car au Népal, nous avions souffert pour franchir les 4500 mètres du Larkya La.

A cinq heures du matin du 1er Janvier, après une nuit très ventée, nous prenons un maté de coca, parce que c’est bon et que ça aide à lutter contre le mal aiguë des montagnes.

Et c’est parti ! Le début est tranquille, au milieu des champs de quinoa et des enclos de lamas.

Puis, la pente augmente progressivement jusqu’à devenir soutenue : l’altitude se fait sentir ! Nous sommes essoufflés comme après une longue course, mais ce qui est drôle, c’est que dès que nous nous arrêtons, nous retrouvons notre souffle. Nous arrivons au sommet, crevés, avec un léger mal de crâne, mais comblés. Le volcan est multicolore et la vue sur le salar et les environs incroyable !

A la descente nous allons rendre visite à des momies vieilles de 800 ans qui reposent dans une grotte. Elles sont effroyablement bien conservées : elles ont des cheveux, des ongles, de la peau… certaines ont le crâne allongé car à cette époque, ils se bandaient la tête pour obtenir cette déformation signe d’une haute classe sociale.

Une lagune rouge qui colore les flamands en rose

Le troisième jour, les lagunes sont à l’honneur. Le midi, nous déjeunons avec plaisir devant la laguna Cañapa et les flamands roses qui l’habitent : les flamands chiliens (tout roses) et les andins (avec une queue noire). Il y a aussi d’autres oiseaux, comme les mouettes des Andes : la première fois où nous les avons vues, nous avions cru qu’une mouette rieuse s’était égarée.

Nous passons devant trois autres lagunes et les couleurs de l’eau, du sel, du sable, du ciel, des llaretas, des oiseaux sont irréelles.

Le seul arbre de la région est en… pierre. Le seul bucheron qui aura sa peau sera l’érosion.

Le clou du spectacle est la laguna Colorada, une immense lagune rouge, encerclée par des montagnes et remplies de flamands. Sa couleur et celle des flamands vient des algues roses qui y poussent. Nous admirons ce spectacle de la nature, essayant de l’incruster au maximum dans nos yeux.

Le soir, nous laissons Vaillante dans son sac car il y a beaucoup trop de vent pour espérer dormir sous la tente !

Geysers du désert

Le matin nous partons tranquillement voir des geysers perdus au milieu du désert. Ils sont plus boueux qu’aqueux et quand nous nous approchons, nous prenons des projections de boue. C’est toujours réjouissant de voir des minéraux vivants ! Nous avons même droit à une baignade dans des sources chaudes à 4300 mètres !

Nos yeux sont encore agressés par une explosion de couleur quand nous traversons le désert de Dali, orange, jaune, rouge, noir et le coup fatal est porté par la laguna verde, d’un vert incroyable ! Elle n’abrite pas d’oiseau car son eau contient du sulfate de cuivre (d’où sa couleur) qui est toxique.

L’après-midi est paisible, nous flânons doucement au bord de la laguna blanca pour admirer les flamands, des canards au bec bleu, des mouettes. Nous faisons aussi la sieste pour être en pleine forme pour l’ascension du Licancabur prévue le lendemain.

Quel cône !

Il fait encore bien nuit quand le réveil sonne. Alex ne bouge pas dans son lit, trop malade pour grimper. Phil est malade aussi, mais sa volonté (et un peu de masochisme sans doute) le fait tenir debout. Les deux Français (nous) sont en grande forme et bien déterminés à voir le cratère du Licancabur !

 

Notre guide local Macario (obligatoire, un soupçon d’impôt quand même !) vient nous chercher à trois heures et nous transporte dans son 4×4 jusqu’au pied du volcan. Il n’y a plus qu’à grimper les 1300 mètres ! Il fait bien froid, nous soufflons, mais la montée se fait doucement. Nous nous demandons comment fait Phil pour monter car il a aussi bonne mine qu’un zombie !

Depuis le flanc du volcan, la vue est extraordinaire : les nuages enveloppent les lagunes puis se déchirent, laissant apparaître l’éclatante couleur émeraude de la laguna Verde et les volcans alentour. Nous savons pourquoi nous sommes là !

Quand nous atteignons le sommet à 5965 mètres, nous pouvons voir dans le cratère le lac le plus haut du monde : la NASA y a trouvé sept espèces d’algues qui ne vivent qu’ici !

La descente se fait rapidement dans les éboulis, puis nous reprenons la route avec les superbes paysages désertiques qui défilent sous nos yeux à moitié fermés par la fatigue.

Quebradas

Le dernier jour de notre périple, nous continuons notre traversée du désert. Nous croisons quelques ruisseaux, des petits villages, des élevages de lamas. L’endroit invite à randonner et nous sommes un peu frustrés de ne pas pouvoir nous y arrêter.

Quand nous approchons de Tupiza, notre terminus, nous découvrons des quebradas (ravines) rouges, oranges et grises à perte de vue.

Après un jour de repos, nous allons nous promener dans les petites vallées. Toutes les plantes y sont piquantes : les cactus cardón, des cactus raquette, même les arbres qui ressemblent à des acacias. Les épines n’empêchent pas les lamas de grignoter les feuilles des arbres.

Une jolie promenade qui nous permet de découvrir une merveille de plus en Bolivie !

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13 réponses

  1. Vincent dit :

    C’est juste magnifique ! (la barbe aussi 😛 )

    Gros bisous du Québec à tous les 2 !

    Vincent

  2. Hé bien, on ne doit pas être loin du billet qui a le plus de photos !

    Quelle explosion de paysages et de couleurs !

    La vue du sommet du Tunupa à l’air gigantesque, j’aime bien entendu aussi les fausses « photos-montage » mais aussi celle du lama qui sort d’on ne sait où au milieu des cactus.

    Ça fait quand-même de sacrée grimpette tout ça, avec le lac Licancabur c’est vraiment impressionant.

    Bises les globe-trotters!

  3. Sandra dit :

    Pourquoi je vois vos articles au moment de partir ?!
    Bon à ce soir pour la suite !
    Rien qu’un coup d’oeil et je suis déjà en voyage chic chic chic !! Et vivement ce soir !!
    Voilà on est ce soir !! Et je suis d’accord avec le commentaire de Laurent !!
    C’est extraordinaire ! Quelles merveilles !!
    Vous êtes magnifiques c’est vrai ! Voyage voyage quand tu nous tiens…
    Dis Céline tu me rapporte un petit lama ?
    Bises à vous deux !
    PS :j’adore les photos stupides !

  4. François dit :

    Bon je vois que la Bolivie vous aura laisser quelques belles images … bande de veinard.
    Si vous remontez ensuite vers La paz et copacabana – puno – Cuzco, faite moi signe j ai pas mal de contact la bas.
    Profitez en bien et buvez une Pacena a ma santé.
    Francois Velo

  5. Sandra dit :

    Bonjour les mondo-randonneurs !
    Le dallage « dalla incerta » que vous avez posé dans le Salar est remarquablement réalisé ! Quel travail de titans.
    Le vieux train agonisant est superbe, et la rouille ajoute à sa beauté.
    Les photos truquées sont très amusantes, et, Olivier, je dois dire que ta barbe est majestueuse, assyrienne !
    Les cactus sont magnifiques, et le cardon particulièrement..
    Même une nappe pour le réveillon, grand luxe !
    Le quinoa a une petite allure de chou romanesco, de loin !
    Les couleurs et l’aspect du Tunupa sont splendides, et les mousses de la photo 37 étonnantes : on dirait qu’elles sont posées comme des tapis sur les rochers.
    Les momies sont-elles là sans surveillance, ou sont-elles protégées ? Belles momies en tout cas ! Etonnant, l’allongement si considérable du crâne…
    Les Laguna Verde et Blanca, sublimes. Il doit être dur de s’arracher à la contemplation.
    Uaretas, arbre de pierre, Laguna colorada, algues roses, geysers, grande magie !
    Et je reconnais bien l’humour des fiers vainqueurs du Licancabur posant pour l’éternité.
    Les paysages de Quebrada el Sillar et Palala sont immensément beaux. Un petit séjour en Bolivie me tenterait bien, pour toutes ces merveilles. En attendant, le petit lama tiendrait-il dans vos sacs à dos ? Il ne serait pas seul ici en Bretagne, deux lamas et un alpaga broutent tranquillement peu loin dans le champ d’un Breton.
    Et pour finir, j’attends avec impatience le moment de prendre la place du cactus-copain dans les bras de Céline !

  6. Jijul dit :

    la barba géantus, los calineropichos au cactus, l’explozione dè colores, tout çà me pousse à suggèrer que le trop plein de sels et la rarefaction de l’oxygène ont des effets halucinogènes flagrants.
    Sinon, vous êtes beaux, et franchement vous en jetez bien plus que vos différents compagnons de voyages intérimaires…

  7. Sandra dit :

    Dure journée; grosse fatigue…Et pourtant les superbes paysages, l’humour à fleur de sel dont j’ai pu profiter grâce à vous ce soir ont contribué pour une part trés appréciable à l’énergie du soir et à celle dont j’aurai grand besoin demain.Vive l’esthétisme et les esthètes.

  8. Olivier dit :

    Ou là !!
    On dirait que l’article a eu du succès 🙂
    En même temps, j’avoue que je m’y attendais, le séjour en question ayant été un des « highlights », comme disent ces maudits québécois.
    A lire certains commentaires, on croirait que le blog devient d’utilité publique 😛

    Pour la barbe, on dirait que je ne vais plus pouvoir la cacher bien longtemps…

    Merci à tous en tout cas !

  9. Maudit Philippe dit :

    Sinon, vous êtes beaux, et franchement vous en jetez bien plus que vos différents compagnons de voyages intérimaires…

    Ah ben toé mon esti d’innocent m’a t’apprendre moé a cracher su nos belles yeules de canayens frança. On voué ben icitte la culture française d’esti d’chialeux su toute!

    Sinon je dois avouer que la barbe en jette pour le jeune imberbe que j’ose être.

  10. Pour la barbe, on dirait que je ne vais plus pouvoir la cacher bien longtemps…

    Oui puis vaut mieux que tu la gardes le plus longtemps possible, Céline à l’air de plutôt bien s’y habituer. J’ai quand même du mal à imaginer sur quoi elle irait se frotter pour compenser dans le cas contraire. Elle en est déjà au cactus, gare à l’escalade de la dépendance !!!

    On voué ben icitte la culture française d’esti d’chialeux su toute!

    Bonjour Philippe, je vais essayer de la retenir celle-là, elle m’a trop fait rire !

  11. Anonyme dit :

    Ca me donne le gout d’aller en Bolivie tout ca!!!

    Bon, je suis en Crete et j’ai loué un petit appart’ pour un mois, histoire de soufler un peu après tous ces mois de voyage.

    Tres belle photo avec une petite pointe de jalousie 🙂

    A bientot

  12. Anonyme dit :

    Toujours bluffé par la qualité des images et votre esprit d’aventure !
    Je vous embrasse.

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