Sacrée vallée sacrée

Cusco, Tambomachay, Puca Pucara, Sacsayhuaman… Si ces noms ne vous évoquent rien, c’est que vous avez besoin d’un rattrapage en civilisation inca !

Au début, Cusco

Cusco est la seconde ville péruvienne que nous visitons et surtout c’est le berceau de la civilisation Inca. Au XVIème siècle, les Espagnols se sont appliqués à tout démonter à leur arrivée, à recouvrir les temples incas par des églises mais certaines pierres étaient trop grosses pour eux et les restes sont encore là !

Quand on se promène dans la ville, les murs incas sont immédiatement reconnaissables à leur style : un travail de fou, on ne peut même pas glisser une pièce entre les pierres dont certaines présentent jusqu’à onze angles ! Les autres bâtiments de style espagnol sont aussi ravissants, avec des petits balcons en bois et c’est vraiment un plaisir pour les yeux.

La contrepartie est évidement que la ville est très touristique : on nous propose tous les cinq mètres des tours vers le Machu Picchu et partout les boutiques vendent des souvenirs déjà vus mille fois.

Test de cuy

Le cuy, fameux met pérvien est un… cochon d’Inde servi grillé, frit ou encore farci ! Nous avons donc décidé d’y goûter et nous avons commandé un cuy bien cuit dans un bon restaurant local remplis de Cusquéniens avec des Cusqueñas (la bière de Cusco). Une fois les « Ah, il est servi avec la tête et les pattes… » passé, nous prélevons timidement un bout de chair, enfin, nous essayons car c’est un peu élastique.

Verdict : ce n’est pas horrible mais pas délicieux, c’est plein d’os et caoutchouteux. Mais les Péruviens en raffolent et nous craignons d’être tombés sur un restaurant qui ne maîtrise pas parfaitement la cuisson et ne révèle pas tout le fondant de cette chair délicate. Alors, nous décidons de retenter notre chance plusieurs jours plus tard et ce n’est qu’après avoir testé une belle paire de cuys que nous pouvons dire de manière sûre que nous n’aimons pas ça !

Le Pass partout

Autour de Cusco, dans la vallée sacrée, se trouvent une dizaine de sites incas mais pour les visiter il faut se munir du pass touristique à 30 euros. Ce ticket donne aussi droit à l’entrée dans les musées de Cusco (en général pas fabuleux voire mauvais) et un spectacle de danse traditionnelles (bien sympa, contre toute attente). Comme nous sommes devenus allergiques aux « tours », nous décidons de partir seuls visiter les quatre sites qui surplombent la ville. Nous faisons la montée en bus (et oui !) puis nous descendons à pied en visitant les sites au fur et à mesure que nous les croisons.

Le premier arrêt est Tambomachay, qui signifie « lieu de repos ». Ce site aurait servi de thermes pour l’élite ou de base arrière.

A peine plus loin, nous visitons le site militaire Puca Pucara (fort rouge en Quechua), une belle forteresse au sommet d’une colline.

Choclo con queso

Le midi, nous nous arrêtons pour manger le fameux (tout le monde en mange dans la rue) « choclo con queso » : littéralement du maïs avec du fromage. En attendant notre plat, nous nous demandons comment est préparé le maïs et nous rêvons de grains mélangés à du fromage fondu et délicatement grillé. Finalement, la recette est un peu plus basique : un épi de maïs cuit à la vapeur et une fine tranche de fromage sec et trop salé ! Notre déception culinaire ne nous empêche pas de repartir vers le site de Sacsayhuamán. Cette énorme forteresse a résité aux Espagnols et aux tremblements de terre et pour cause, les pierres sont énormes, la plus grosse mesurant 9 mètres de haut, 5 mètres de long et 4 mètres de large. Un beau bébé d’environ 150 tonnes !

Les archéologues ont estimé que la construction de cette forteresse a nécessité le travail de 20 000 hommes pendant 5 ans.

A notre retour du Machu Picchu, nous nous sommes concocté un petit programme pour visiter le reste de la vallée sacrée et assister à un carnaval. Comme nous en avons marre de marcher sous la pluie, nous prenons un taxi qui nous emmène jusqu’à Moray un site d’agriculture expérimentale. Ces impressionnantes terrasses sur dix niveaux permettaient de recréer différents climats puisqu’entre le bas et le haut il y a une différence de 10°C. Et ces tests servaient aussi aux contrôleurs des impôts qui pouvaient alors simuler les récoltes dans toutes les régions. Pas facile de frauder, même à cette époque !

Nous visitons aussi les salineras de Maras, des terrasses pour cultiver le sel. L’eau salée est dirigée vers des bacs où elle s’évapore. Une croûte de sel se forme alors et recouvre toutes les parois de chaque bassin. En saison des pluies, c’est évidemment un peu moins blanc ! Mais c’est quand même une visite intéressante et pas trop fréquentée. Nous redescendons jusqu’à l’Urubamba et sautons dans un bus qui nous amène jusqu’à l’étape suivante…

Se faire rouler dans la farine

Avant que nous partions au carnaval de Qoia, quelqu’un nous prévient qu’il faut mettre des vêtements résistants à toute épreuve, ça tombe bien, nous n’avons que ça ! Nous comprenons vite les risques encourus alors que nous sommes dans le bus et que nous apercevons à travers la vitre des personnes recouvertes de mousse, trempées ou enfarinées. Le centre de la place de Qoia, où se déroulent les spectacles de danse, reste plutôt fréquentable même si certains danseurs sont pris pour cible. En revanche, la périphérie de la fête est une zone hautement incertaine. Et pourtant… nous devons quand même nous y aventurer pour nous ravitailler en aliments et boissons. La récolte est bonne en terme de nourriture (un succulent plat de pommes de terre en sauce, un ceviche et des brochettes) mais aussi en terme de mousse et bombes à eau.

Nous sommes presque les seuls visages pâles ici et les Péruviens mettent un point d’honneur à nous intégrer dans leur fête. Ils iront même jusqu’à emmousser une des brochettes de Céline (lamentable !). Heureusement les danseurs nous font oublier ce gâchis. Evidemment certaines danses sont faites pour séduire les filles et repartir avec l’une d’entre-elles sur l’épaule (au sens propre !) mais le gagnant doit éviter de se la faire voler par ses concurrents… S’en suivent des luttes acharnées. Preuve que les Péruviennes s’émancipent, elles commencent à kidnaper et à se disputer les hommes !

Imaginez le plaisir que nous avons eu d’assister à ce spectacle…

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7 réponses

  1. Fred - le frangin dit :

    Ouuéé un nouvel article Entrelacets !!!

    Dans l’ordre : J’espère que la petite fille a vite retrouvé ses parents, elle donne envie de l’aider. Vous avez essayé les tobagans naturels quand même ? Moi j’aurais pas tenté le poisson aussi loin de la mer, mais je me fais surement des idées.

    Bravo de reprendre le temps de publier, ça va vous obliger à faire d’autres voyages pour remplir le blog de souvenirs !!!

  2. Olivier dit :

    Salut !

    Non, honte sur nous, nous n’avons pas essayé les tobogans… trop de monde !

    Sinon attention, je viens de modifier l’article (oui je sais ça ne se fait pas…) pour y ajouter 2 vidéos : la fin à relire pour le fidèle lecteur que tu es !

    Olivier

  3. Sylviane dit :

    Coucou,

    Un instant j’ai cru que vous étiez repartis o_O

    Merci de nous avoir permis de voyager ainsi avec vous : quelle belle aventure …

    Bisous à tous les deux.

    Sylviane

  4. Sandra dit :

    Quel plaisir de découvrir cet article dans la boîte ce matin ! Toujours de superbes photos, avec un gros pincement au coeur pour la civilisation qui m’a fait tant rêvé lorsque j’avais 5-6 ans, et après.
    Une question, peut-être bien idiote : d’où provient le sel des salines ? Les océans atteignaient cette altitude il y a des millénaires ?
    Bon, ben, j’attends les suivants, je suis accro aux articles !

  5. Sandra dit :

    Si si !!
    Quel plaisir de vous retrouver à nouveau !! Je l’ai attendu cet article…des jours, des semaines , des mois que je viens régulièrement voir le blog !!
    Je suis comme d’habitude conquise par vos aventures !
    Et Olivier avec toute cette mousse pas un seul rasoir en vue…OUF !
    Ma sœurette je suis navrée pour ta brochette.
    Toutes les constructions sont (je cherche le mot..) pharaoniques !! (ah non je me trompe de continent !)
    Encore merci de nous faire partager toutes ces magnifiques photos (si, si) et vos récits toujours aussi bien écrits !
    Biz à vous les aventuriers et à bientôt !

    Je suis aussi très déçue que vous n’ayez pas testé les toboggans….sniff

  6. Gaelle dit :

    aaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh vous avez mange Winnie!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  7. Anonyme dit :

    Merci pour cet article, vous avez bien eu du courage de l’écrire alors que le vie normale a repris depuis un bout de temps. Bises et à bientôt

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