• Non classé
  • 6

Trek royal

De la danse, de la chaleur, de la transpiration, un coup de foudre : un article chaud chaud chaud sur le trek royal !

Pourquoi ce trek est-il royal ?

  1. Parce notre tente était particulièrement spacieuse et remplie de coussins en velours ? Non, nous avions pris notre petite tente habituelle mais néanmoins confortable.
  2. Parce des mets somptueux sont servis sur le chemin ? Non, nos repas seront constitués le soir de nouilles chinoises et le midi de biscuits car nous avons eu du mal à trouver des échoppes proposant des repas.
  3. Parce la route est particulièrement bien tracée ? Non, nous nous perdrons au moins 50 fois grâce à notre carte qui s’avère très incomplète et parfois fausse.

Ce trek est royal car le Prince Charles l’a fait en 1980.

La campagne

Après quelques hésitations nous avons choisi de partir à l’est de Pokhara, pour un itinéraire bas (max 1300 m) plutôt qu’un vrai trek dans la région des Annapurnas. Un choix de raison et une envie de varier, de sortir des itinéraires classiques.

En route donc pour un chemin qui sillonne entre les villages, pour aboutir au bord de deux lacs, le Rupa Tal et le Begnas Tal. Nous partons sans vraiment savoir à quoi nous attendre et avec 7 jours à notre disposition pour un itinéraire prévu en 4.

Chaud !

Dès les premières heures le ton est donné : ça va être très chaud ! Nous dégoulinons. Il faut dire que nous retrouvons nos gros sacs bien pleins : fini les porteurs ! C’est aussi un peu décevant car il y a plus de routes que ne l’indique la carte et ce n’est pas très sauvage.

Nous bivouaquons au sommet d’une colline d’où la vue au lever du soleil sera, elle, à la hauteur : ça valait le coup. Nous retrouvons aussi notre fidèle tente et nous inaugurons notre nouveau réchaud et ça c’est cool.

On s’y perdrait

Le deuxième jour nous décidons de nous écarter de l’itinéraire classique (bien que ce terme soit un peu abusif : nous ne croiserons pas un seul touriste sur ce trek royal) pour descendre dans une vallée au nord.

Après 3h de marche nous apprenons que nous avons fait environ 5 fois moins de trajet que nous le pensions : il faut dire que la carte que nous avons achetée ne nous aide pas beaucoup. Olivier en profite aussi pour perdre ses lunettes de soleil. L’eau manque cruellement, nous sommes contraints de demander aux villageois de nous donner un peu de leur réserve, ça ne nous plait pas bien.

Bref, on change d’idée et de direction, cap à l’est et bivouac sympa au bord d’un torrent à l’eau turquoise, baignade, nouilles et bière achetée dans un boui-boui : ça requinque.

Le troisième jour est à rallonge. Après avoir suivi le torrent nous entamons une montée pour retrouver la crête du trek initial. A cette altitude, à cette période, avec cette charge sur le dos, c’est vraiment très très dur : nous n’avons sans doute jamais autant sué !

Après 10h de marche quasi non stop (de toute façon nous ne ferons qu’un repas de midi en 5 jours, faute de magasins), nous trouvons enfin un point d’eau et un coin d’herbe, juste sous un sommet.

La douche

Nous finissons de planter la tente en slip car l’orage démarre et nous en profitons pour nous doucher ! Réfugiés sous la tente nous entendons alors un bruit étrange juste au-dessus de nous, assez effrayant. Nous comprendrons plus tard que c’était le vent dans un arbre proche. Mais le sifflement était tellement fort que nous nous sommes vraiment demandé ce qui nous arrivait dessus ! La tente se met alors à se plier dans tous les sens, à se secouer : nous nous y accrochons de toutes nos forces pendant une demi-heure : on se croirait vraiment dans une tornade !!
Ca passe, nous ouvrons et voyons au loin les arbres pliés en deux, la pluie qui tombe à l’horizontale : on vient de subir une mini-tempête. On a vraiment eu la frousse !

Toute la nuit nous entendrons les éclairs, tout proches. Nous aurons 3h de répit pour somnoler. Pour l’occasion nous décidons de baptiser notre tente Quechua pour ses 7 ans : elle s’appellera Vaillante !

Le lendemain nous revoyons le torrent, c’est de la boue ! Pas mal de branches cassées, quelques glissements de terrain et les champs de maïs sont tous pliés : nous n’avons pas rêvé. Quelques jours plus tard à Pokhara nous revivrons une mini tempête similaire, mais à l’abri dans un bar : une table s’envole et brise la vitrine… Ici, on ne plaisante pas avec les orages.

Pusa

Tout ça nous a un peu refroidis et nous décidons de nous diriger vers le premier bus. A un quart d’heure de cet objectif, nous croisons des gens cuisinant dans des marmites énormes. Par curiosité nous leur demandons ce qu’ils préparent et nous nous faisons aussitôt inviter à une Pusa, fête hindoue.

Toute la famille se réunit chaque année et Dieu sait que les familles népalaises sont nombreuses ! La soirée sera incroyable : dégustation d’un immense dîner, baignade avec les enfants et veillée musicale avec danse improvisée, à laquelle toutes les générations participent !

La tradition veut qu’on glisse un billet dans les cheveux des bons danseurs. Curieusement nous ne gagnerons pas une roupie. La différence de culture probablement : ils n’ont pas su apprécier notre talent.

On nous gratifiera même d’un tikka, le point rouge sur le front.

Le tout nous est évidement offert avec une vraie sincérité et pas mal de rigolades (surtout quand on danse) : une soirée vraiment marquante.

Finalement nous plantons la tente dans le champ de nos hôtes, sous le regard intrigué des enfants.

Ce mini-trek aura donc été plein de surprises : point de haute altitude, de sommets, de glaciers mais sans doute plus d’efforts qu’autour du Manaslu, de l’aventure et des rencontres ! Et surtout, peut-être, ce plaisir de vagabonder, de se perdre, de ne pas savoir où l’on va. Cette liberté qui nous manquait.

Vous aimerez aussi...

6 réponses

  1. Avatar Danielle dit :

    Un vrai régal, tant le texte que les photos ! Gros travail, mais très apprécié. La disparition des photos-puces est un vrai bonheur. Je me serais bien vue pique-niquer au bord du torrent…Bises à tous les deux.

  2. Quelle classe la frangine avec le tikka! Quelque chose me dit qu’il était bien mérité. Les enfants et les grands ont l’air de bien vous apprécier, pourquoi ça ne m’étonne pas ?

    Il y a de belles photos autant sur ce billet que le précédent. On en prend plein les yeux et on en redemande.

    J’espère que le confort de l’hôtel de Jakarta vous redonnera la pêche nécessaire pour les aventures qui vous attendent et vous laissera le temps de finir de tout mettre en ligne.

  3. Avatar Sandra dit :

    Bravo pour vos récits c’est vrai que c’est un vrai plaisir de les lire, vous rendez tout ça très vivant !!
    Je suis juste un peu déçue que vos danses n’aient pas été plus appréciées…car vous êtes de sacrés danseurs !!
    Bravo encore pour les photos, elles sont splendides, un régal pour les yeux !!
    Plein de bises mates !!

  4. Avatar Gael dit :

    j’adore, j’aimerai trop être a ta place chirouzette.

  5. Avatar Marion dit :

    Les nouvelles et les photos s’accumulent… et on (enfin, je !) en redemande !
    Bonne suite de séjour !

  6. Avatar Marie Claire dit :

    Super, merci, c’est vraiment royal !!

Laisser un commentaire