Les Pas-pareils : Bolivie

Ah, la Bolivie… voilà un endroit dépaysant comme on les aime.
En plus de deux mois sur place, nous en avons vus des pas-pareils !

Sur la route

Avec les toilettes, les bus sont un de nos sujets fétiches : en Bolivie tous les bus de ville ont été achetés d’occasion en Chine et Japon. Pas difficile de s’en rendre compte : il reste encore des idéogrammes partout ! On trouve aussi quelques taxis gardant des traces de leur origine.

Heureusement, pour limiter la pollution, il y a maintenant une loi interdisant l’import de véhicules vieux de plus de cinq ans…

Dans les gares de bus, on paye une taxe de départ. Pourquoi pas. Sauf qu’elle n’est pas incluse dans le prix du billet et qu’il faut donc avoir l’équivalent de 15 centimes en monnaie pour payer ses « tickets de départ »… du coup, beaucoup de gens attendent le bus après la sortie de la gare pour éviter la taxe. Mais à Oruro, nous avons eu droit à une belle comédie : au milieu de la foule qui attend le bus à la sortie du terminal, des policiers veillent. Les bus sortent de la gare, avancent doucement, les gens suivent, mais les bus ne peuvent pas s’arrêter car les policiers les en empêchent ! Toute la petite foule suit le bus au ralenti jusqu’à ce que les policiers désespèrent ou qu’on sorte de la zone de stationnement interdit. Les policiers font demi-tour, le bus s’arrête enfin et tout le monde monte dedans !

Olivier a vite repéré une étrange voiture qui semblait porter le moteur à l’arrière, de marque Volkswagen. Après quelques observations sur le terrain et une recherche bibliographique intense, nous avons pu identifier la Volkswagen Brasilia, un modèle développé sur la base de la fameuse coccinelle (qui a été produite pendant des décennies au Brésil) avec un design plus, comment dire… années 70. C’est une auto n’existant qu’en Amérique du sud, nous n’en verrons qu’en Bolivie !

Vos papiers !

En Bolivie, il est très déconseillé de sortir sans ses papiers… toilette : les toilettes n’en sont jamais pourvues et toute insouciance dans ce domaine peut avoir des conséquences dramatiques. Heureusement, tous les magasins vendent des rouleaux à l’unité, prêts à être emportés. Inutile de préciser que le savon et le sèche-mains sont facultatifs.

Dans les villes, il y a partout des toilettes publiques qui sont payantes (entre 10 et 20 centimes). Celles qui ne veulent pas payer peuvent en revanche utiliser des toilettes portables très sophistiquées. Le principe est simple : on s’accroupit et la jupe fait office de cabine ! Les femmes utilisent la méthode en pleine ville, dans les rues de La Paz mais aussi lors des voyages en bus quand l’arrêt pipi se fait en bord de route (nous n’avons pas osé ramener une preuve photographique).

Nous avons constaté une différence majeure dans le comportement des vigognes et lamas par rapport aux vaches, moutons et autres herbivores… Si la vache se soulage n’importe où, les vigognes et lamas sont très cacasaniers : ils crottent souvent au même endroit, formant ainsi des petits monticules noirs qui tachettent ainsi délicatement le paysage. Nous ne savons cependant pas si chaque animal a son propre tas et revient systématiquement au même endroit ou si un même tas est partagé entre plusieurs animaux. Si vous avez une théorie sur ce point, n’hésitez pas à nous la communiquer !

Les magasins

Dans les villes boliviennes, les boutiques sont souvent regroupées dans la même rue. Par exemple, à la Paz, il y a la rue des vendeurs de chaussures, des vendeurs de laine, des quincaillers, des coiffeurs (Olivier s’y fait d’ailleurs bien remarquer…). L’avantage c’est que si un premier vendeur n’a pas ce que l’on recherche, il est rapide d’aller chez le suivant. Par contre, il faut espérer habiter près de la rue des quincaillers quand on a besoin d’une vis… sinon, il faut traverser la ville. Même chose dans les marchés (l’allée de la viande, l’allée des patates, l’allée des jus de fruit…).

La façade des boutiques est le plus souvent peinte à la main, pas de quoi se payer une belle enseigne. On est peut-être loin du Van Gogh, mais la technique est parfois impressionnante car sur les murs en crépi, les peintres arrivent à écrire nettement et à reproduire fidèlement (en général) les logos. Nous nous sommes bien amusés à faire une petite sélection…

Ici c’est le royaume de la débrouille. On recycle et réutilise tout et n’importe quoi. Et… ce n’est pas pour nous déplaire !

Prendre un jus au réveil

Ici, la douche chaude peut vite devenir une rôtissoire. L’eau est chauffée en général directement au niveau d’un pommeau électrique. Le problème est que la proximité de l’eau, ajoutée aux manque de normes et aux fils électriques mal isolés peut conduire à un petit choc électrique pendant le shampoing. Si par chance ça n’est pas fatal, cela peut donner un petit coup de fouet lors des matins difficiles !

À table

Ici on ne boit pas que du Coca Cola (rappelez-vous, cette boisson à base de feuilles de coca exportée dans absolument tous les pays du monde). On consomme aussi beaucoup de Coca Quina (pas mauvais) et des sodas jaunâtres type Salvietti (beurk !).

Ici le café se prépare en concentré : on fait une petite quantité de café ultra serré que l’on peut conserver plusieurs jours. Quand on veut se servir une tasse de café, on dilue cette « teinture de café » (tintura) dans de l’eau chaude.

Chapeau-melon et nattes

Ce qui marque le plus à l’arrivée en Bolivie, c’est la tenue uniforme des femmes. La coiffure de rigueur ce sont les nattes, le plus souvent attachées entre-elles (pour ne pas traîner dans l’assiette) et décorées au bout par des sortes de petits pompons en laine. Les Boliviennes ne se coupent sans doute jamais les cheveux car les nattes descendent presque jusqu’aux fesses.

Elles (les Boliviennes) sont en général rondes (régime frites, riz et poulet frit) et s’enveloppent d’une superposition de jupons recouverts par une jupe toute ondulée et souvent noire. Par contre, le dimanche, la jupe est brillante et de couleur vive.

Évidemment, elles portent le fameux chapeau-melon dont la forme change un peu selon les régions et un châle. Cette tenue a été imposée par les Espagnols et n’est presque pas portée en Amazonie (peut-être parce qu’elle tient trop chaud). Le plus surprenant reste quand même le chapeau « version pluie », emballé dans un sac plastique mais quand même posé sur la tête : quelle classe !

Le sac à main est en général un sac à dos. Pas de matériel technique avec des bretelles réglables et une housse étanche : le sac est un simple carré de tissu. Un premier nœud est fait dans la première diagonale puis la charge est basculée dans le dos. Un second nœud est alors fait autour de la poitrine avec la seconde diagonale (voir photo précédente). Ce sac à dos fait aussi office de porte-bébé et c’est toujours impressionnant quand les femmes font rouler le bébé dans leur dos.

Enfin le plus déroutant en Bolivie ce sont les Boliviens. Jamais dans notre tour du monde nous n’avons vu un tel contraste dans la population : on a vraiment droit au pire comme au meilleur ! Dans une même ville nous avons rencontré des personnes gentilles, souriantes, curieuses… et d’autres désagréables, malpolies, fainéantes ou qui simplement nous ignoraient. Nous avons fait de très belles rencontres et avons beaucoup aimé ce pays. Mais il y a vraiment des bourriques et des gens qui tout simplement n’aiment pas les touristes ! À noter que ce sont surtout les habitants de l’Altiplano qui ont la réputation d’avoir un mauvais caractère…

Bonus

Et pour finir, une petite photo juste pour le plaisir :

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4 réponses

  1. Sandra dit :

    Super cet article !!
    Très drôle !! J’adore les bus (avant de lire je me suis dit, avec surprise et étonnement, ils utilisent un autre alphabet…)Cette histoire de taxe de départ est fabuleuse !
    Pour ce qui est de la shawer moi aussi je la préfère chaude…chose rare dans le monde finalement !
    Les boissons ont l’air aussi bonnes que celles qui nous étaient proposées petites avec des spectres blancs… souvenirs !!
    Le chapeau à sac plastique vaut bien le fichu des bretonnes par temps de pluie !
    Pour la démocratie ont espère qu’elle est en meilleur état que sa maison…
    Bises à vous deux et encore merci pour tous ces récits…

  2. Les deux bus de gauche sont d’anciens bus japonais, moins sûr pour le taxi et le bus de droite (kanjis ou idéogrammes chinois).

    Vous êtes courageux d’avoir gouté au Coka Quina ou au Salvietti. Même pour un Pas Pareil ça le mérite très probablement pas.

    Pire encore la douche ! Je vois trop le dilemme « bonne douche chaude » ou risque de se prendre une bonne chataigne !?

    Y’a du travail dans les peintures de devantures quand même, les peintres sont par contre clairement pas bilingue!

    Bises à vous, en espérant quand même que ce ne soit pas encore le dernier « Pas Pareil » de cette aventure ci !

  3. Cédric dit :

    Analyse très intéressante sur les habitudes hygiéniques des animaux du coin.

  4. Danielle dit :

    Passionnant cet article, et toujours superbes les photos.
    Je partage l’avis de Sandra : le jeu entre policiers, bus et passagers est absolument extraordinaire !
    Quant à la douche, j’opterais pour l’eau froide sans hésitation…c’est meilleur pour la santé !

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