Au nord du sud

Ça y est, nous avons atterri en Amérique du sud !
Le long trajet de Auckland à Buenos Aires nous a bien fatigués, bien que nous soyons arrivés avant d’être partis, au moins d’un point de vue calendaire. C’est la première fois que la correspondance (de Santiago) partait avant même que nous n’ayons décollé du premier aéroport.
Perturbant !

On arrivera hier

 

Notre première étape est donc Buenos Aires (que nous prononçons « bouénos aïrès », maintenant que nous maîtrisons totalement l’espagnol), capitale de l’Argentine. Comme toutes les capitales… c’est une grande ville polluée. Nous y passons quand même quelques jours pour récupérer et nous y balader. Nous retrouvons les hotels « backpakers » mais avec un certain caractère, comme pour l’hôtel Carlos Gardel, assez sympa.

Nous profitons du marché San Telmo et ses créations originales à prix dérisoires. Des danseurs de tango dans la rue nous mettent dans l’ambiance… touristique mais sympa.

Dans l’ensemble, l’atmosphère est très détendue, très agréable. On retrouve aussi une gastronomie un peu plus intéressante qu’en Australie / Nouvelle-Zélande !

Nous visitons aussi le cimetière Recoleta, véritable ville de tombes ! Les tombeaux de la haute société de Buenos Aires font en moyenne trois mètres de haut et rivalisent de kitch. Portes vitrées, statues, c’est… étonnant !

Pauvre-land

Nous passons enfin dans le quartier de la Boca. C’est un vieux quartier populaire dans lequel les habitants ont développé les activités artistiques et décoré les façades des maisons. Nous trouvons ça très joli… et à la fois horrible. En effet, dans les trois rues « fréquentables » du quartier, des milliers de touristes prennent les mêmes photos, se font prendre en photo avec des faux danseurs de tango ou des sosies de Maradona. Les rabatteurs tentent de nous convaincre de choisir leur restaurant (alors que nous avons déjà mangé, voyons !). Tous les bâtiments hébergent des restaurants ou des magasins de souvenirs. Alors, qu’est-ce qui est authentique dans tout ça ?

Le plus bizarre c’est qu’il ne faut surtout pas sortir de ces rues : au delà, c’est dangeureux ce qui apporte une bonne dose d’adrénaline aux touristes ! Ambiance surréaliste au milieu d’un quartier réellement pauvre…

Attention, chute d’eau !

Nous prenons notre premier bus de nuit, en classe « cama », le haut de gamme. Au menu : larges sièges moelleux bien inclinables, télé avec prise pour casque audio, toilettes, plusieurs repas (mauvais, faut pas rêver non plus).

18 heures de trajet : trop facile !

Nous atteignons Puerto Iguazu, la ville argentine proche des chutes du même nom (à cheval sur l’Argentine et le Brésil).

Ce sont les plus grandes du monde, bien plus grandes que les chutes du Niagara !

Nous passons deux jours pour voir les chutes sous tous les angles et nous ne sommes pas lassés. Et pourtant, quel monde !! La foule profite des mêmes points de vue, prend les mêmes photos… et nous faisons comme tout le monde, inutile de résister !

Le parc national qui entoure les chutes est bien fait car les chemins sont nombreux et ça vaut le coup de tous les parcourir. Il y a vraiment des chutes, réparties sur un grand site, et pour chacune on peut l’admirer de loin, du pied de la chute et du dessus, tandis que la paisible rivière disparaît à l’horizon.

Nous gardons le meilleur pour la fin : la lumière du soir pour « La Garganta del Diablo », La Gorge du Diable. C’est la partie emblématique du parc, puisque là où les chutes sont les plus grandes. Pour décrire ce que nous en avons pensé, le plus simple est peut être d’expliquer que nous y avons passé une heure, les yeux perdus dans les remous.

Carpinchos à volonté

Après les plus grosses cascades du monde, nous filons pour la réserve Esteros del Iberà pour aller admirer les plus gros rongeurs du monde : les carpinchos.

Le paisible village de Colonia Pelegrini se trouve dans le parc et nous y établissons notre camp de base. La mamie qui tient l’auberge est vraiment gentille et nous cuisine des tortillas de papas du tonerre. Chaque jour, elle nous chouchoute un peu plus : confiture maison, gâteau, assortiment de viandes cuites au barbecue…

Le premier jour, balade à pied sur deux sentiers : un dans la forêt et un en bordure des marécages.

L’endroit est superbe et on a pas le temps de s’ennuyer car les oiseaux défilent : perroquets, cardinal, pics en tous genre colibris, cigognes, hérons… Et puis il y a aussi les bêtes terrestres comme les varans, les biches et les caïmans qui dorent au soleil. On approche de très près les fameux carpinchos qui ressemblent à des cochons d’Inde géants qui passent leur temps à se reposer, se rouler dans la boue ou brouter. Ils pèsent jusqu’à 60 kg et ont vraiment une allure incroyable !

Sur le chemin du retour, à notre immense surprise, nous rencontrons un tatou qui fouine dans les herbes. C’est vraiment une bête bizarre… mais on adore.

Le lendemain nous partons explorer le parc à vélo. Nous faisons environ 25 km mais finissons la journée sur « les rotules en compote » parce que les chemins sont sabloneux et il fallait pédaler comme des fous.

Pour varier les plaisirs, le troisième jour nous partons en kayak. Le lac est lisse et la navigation facile : on se faufile entre les herbes, on passe entre les îles. Notre objectif qui était de nous approcher des bêtes qui vivent au bord de l’eau est atteint : on est à quelques mètres seulement des caïmans. Leur peau est superbe et on comprend qu’ils soient les cibles des maroquiniers ! Heureusement ceux que nous croisons sont protégés et leur population se porte bien.

Cette réserve est vraiment géniale autant pour le nombre et la diversité des animaux que pour la liberté de déplacement qu’elle offre. C’est un vrai coup de cœur !

 

El Palmar

Excités par cette première visite, nous allons dans le parc national El Palmar. C’est une palmeraie immense au bord du fleuve Uruguay. Le seul hébergement est un camping et dès le premier soir, depuis notre tente posée face au fleuve, nous entendons du brouhaha au loin… Dommage, le groupe venu visiter le parc en même temps que nous casse un peu le charme des lieux. Heureusement, il y a d’autres habitants du camping qui sont plus discrets et bien plus mignons : les vizcachas. Ils sont une petite dizaine à se promener autour de notre tente.

Notre réveil matinal pour aller voir les animaux n’est pas récompensé : nous ne verrons pas grand chose en dehors des hordes de collégiens bruyants. Il y a très peu de sentiers à proximité du camping et pour atteindre les autres sentiers, il faut partir à vélo avec un guide et… 80 ados !

Nous précipitons donc notre départ au lendemain et avant de partir, nous avons la chance d’observer les nids collectifs des conures : ça c’est chouette.

Vous aimerez aussi...

10 réponses

  1. Danielle dit :

    Une cascade de magnifiques et étonnantes photos, avec un film impressionnant.
    Merci à vous deux !

    (prem’s)

  2. Paradisi dit :

    Ciao belli,
    c’est beaucoup mieux, maintenant que je reçois de nouveau les mails d’alerte. Seul problème: j’ai du poser un jour de congé pour rattraper mon retard!
    Toujours du bonheur de vous lire.
    Tanti baci

  3. Sandra dit :

    Bon, beaucoup de choses à dire sur ce premier numéro sud américain !!
    D’abord, en vous lisant j’ai bien imaginé vos têtes devant les chutes…
    Splendides !! Une question se pose quand même…Où sont placées les pompes pour puiser autant d’eau…
    Deuxième chose plus animale cette fois-ci…
    L’animal nommé le furnarius a-t-il un lien quelconque avec une Céline présente dans cet article ?
    Le caïman n’est pas très impressionnant par rapport aux salties !!
    Et le Vizcacha serait-il de la famille des rappe tout ?
    Et dernière question (mais oui après j’arrête !), Céline tu as vraiment vu un geai ?!!!
    Explique-moi comment cela est-il possible !
    Sinon vous avez fière allure sur vos vélo (surtout Céline !!) mais toi Olivier un véritable aventurier en kayak !!
    Plein de bises à vous deux et encore merci de nous faire voyager alors que l’hiver commence ici !

  4. Poune dit :

    Samedi: un peu plus de temps pour prendre la plume et ça tombe bien car au vu des images et des commentaires, il y a de quoi dire.Quelques splendides photos des chutes;des magnifiques d’animaux;des bicyclettes qui roulent,un canoé qui vogue le tout conduit par des explorateurs(trices),des maisons aux murs éclatants de couleurs comme seuls osent les peindre les gens du sud.Voilà pour le plaisir des yeux!Venons en aux commentaires eux aussi trés fournis et instructifs.J’ai reconnu le Capybara déguisé sous le nom argentin de carpincho:le dicton sud américain explique que là où est le capybara, l’anaconda n’est pas loin (question d’appétit).Est ce vrai?Qui a vu l’urubu boira:second proverbe local à propos duquel je ne demande aucune confirmation.

  5. Poune dit :

    (Suite…) Tout a été dit à propos du geai alors silence si ce n’est que je remarque que pour voir le geai il faut beaucoup de gouttes! Les photos ne sont pas suffisament en gros plan pour que je puisse vérifier si vous êtes ou non victimes du syndrome des chutes que je me permet de résumer:oreilles fortement décollées et front plat que même une barbe rousse ne saurait camoufler. Pour terminer cet échange à forte teneur anthropologique,une dernière confirmation:j’ai cru apercevoir sur le grill un aliment ayant quelques ressemblance avec ce qu’une certaine coco s’obstine à ramener dans la véranda.Est-ce possible?
    Bises à vous et à bientôt pour de nouvelles aventures:les vôtres.

  6. Salut les globe-trotters !

    Je m’étais renseigné sur les animaux que l’on peut rencontrer dans les contrées où vous comptiez aller. Tout y est : Capybara, Caïman, pleins d’autres que je ne connaissais pas. Vous avez même vu un Tatou et des Toucans !!

    Très fort la photo posée à vélo, les mises en scène deviennent de plus en plus recherchées. Au départ, j’ai cru à une séance d’équilibrisme, j’ai même vérifié que vous ne posiez pas les pieds. Je n’ai compris qu’après comment vous aviez fait.

    Quelque chose me dit aussi qu’on a pas fini d’entendre parler du Furnarius Rufus ! La photo du Geai Acahé est magnifique, étonnant qu’il vous ait laissé vous approcher d’aussi près.

    Bon baisers de Russie pour confirmer les dires de Sandra sur le fait qu’il commence à gèler sérieux ici !

  7. Danielle dit :

    Maintenant que j’ai rapidement écrit un commentaire, pour reprendre la place de première commentatrice, je peux écrire plus longuement,disposant de plus de temps.
    J’ai beaucoup aimé la collection de boîtes d’allumettes : j’en verrai bien quelques-unes à côté de ma collection de boîtes de sardines millésimées.
    Les chutes sont vraiment impressionnantes et superbes.Je comprends que l’on puisse passer une bonne heure à les contempler, voire plus.
    Les deux cyclistes sont très « classe » sur leurs vélos rudimentaires, mais apparemment efficaces !
    Les oiseaux sont superbes, les vizcachas et les carpinchos surprenants.
    Les bonbons de la photo 35 étaient -ils bons ?
    Merci encore une fois pour le travail colossal que vous faites régulièrement pour nous faire partager vos aventures.

  8. Cécile dit :

    je suis épatée par la qualité des photos d’animaux !
    mais question : vous devez passer des heures sur Internet pour trouver tous les noms des drôles de bêtes que vous croisez ?
    gros bisous
    cécile

  9. Céline dit :

    Je vais enfin commenter a mon tour !
    Tout d’abord, vos commentaires nous font vraiment tres plaisir. Nous sommes heureux de voir que vous remarquez que nous nous donnons du mal pour prendre les photos (toujours sans trucage, mais avec un trepied) et les legender : j’y ai passe des heures sur cet article mais je suis vraiment contente d’avoir pu denicher le nom de cet oiseau qui a presque le meme nom que moi !
    Pour le geai, ce n’est pas nous qui sommes alle le voir mais lui qui s’est approche de tres tres pres pour essayer de nous voler notre petit dejeuner. Si j’ai pu le voir, c’est que je ne savais pas que c’etait un geai au moment ou je l’ai vu !
    Pour ce qui est des anacondas, il y en avait dans le parc mais nous n’en avons malheureusement pas vu… Dommage car vu la taille de leur casse croute ils doivent etre impressionnants ! Et pour le dicton urubuesque, nous avons bu une biere le soir (Papa, comment etais tu au courant?).
    Pour les crottes, je trouve que ce sont les plus photogeniques que j’ai pu voir et meme si elles pouvaient faire penser a une boule au chocolat, nous n’avons pas voulu gouter !

  10. Anonyme dit :

    Bonjour

    mon compagnon et moi sommes en train de préparer un voyage de 2 mois en argentine,

    je vois que vous êtes allés dans le Parc Esteros del Ibera, je voulais savoir si les différentes visites dont vous parler ont été faites avec un guide ou s’il est possible de se promener seul dans le parc ? (en kayak, et à pied principalement)

    Merci beaucoup

Laisser un commentaire