Incas pour deux

Constatations après la visite du Machu Picchu :
– les cités incas, c’est bien
– la foule, c’est moins bien
– les tours organisés, y en a marre
En conséquence, nous partons seuls vers la cité inca de Choquequirao, accessible uniquement à pied sur un chemin réputé difficile…
À juste titre !

Autonomie

Tout ce que nous savons de Choquequirao c’est qu’en quatre à cinq jours de marche nous pouvons visiter une cité inca d’une taille comparable à celle du Machu Picchu et dont seuls 30% ont été restaurés.

Muy bien !

Nous prenons un bus depuis Cusco à la première heure en direction du village de Cachora. Sur place nous optons pour l’autonomie totale : pas de guide, pas de mûle ! Nous emportons un peu plus de trois jours de nourriture et nous dirigeons vers la rivière Apurímac.

Ça descend…

Au bout de quelques heures de plat, nous sommes en haut du canyon. Les premières heures de marche pourraient sans doute se faire en voiture, mais pas à cette saison : la piste est régulièrement coupée par des glissements de terrain parfois sacrément impressionnants !

Les vues sont grandioses sur les montagnes alentour et on devine aussi les eaux tourbillonantes, tout au fond. Seul problème, Choquequirao se situe de l’autre côté de ce canyon. Pas le choix, il va falloir descendre et remonter, à l’aller puis au retour ! C’est donc parti pour 1500 mètres de descente, rien que ça.

Heureusement et comme toujours, nous profitons quand même de superbes vues le long du (long) chemin.

Arrivés de nuit, sur les rotules (qui ont bien travaillé), nous plantons la tente au bord du Rio dans un campement gratuit et tout à fait correct.

… et ça remonte…

Le deuxième jour, il ne reste plus qu’à monter au site archéologique. Ça commence par les mêmes 1500 mètres que la veille -mais vers le haut- auxquels s’ajoutent 400 mètres de faux plat sous un soleil qui tape fort.

Avec un tel dénivelé et des versants différents, la végétation est très variée. On trouve autant des cactus, des plantes grasses, que de très belles orchidées. Les colibris sont partout !

Comme la journée est longue, la météo a le temps de changer et nous atteignons enfin cette cité bien perdue dans la purée de pois et un vent glacial !

Choquequirao

Pour se dégourdir les jambes après les 7 heures 30 de montée, rien de tel qu’une première balade sur le site. Si nous avons croisé trois ou quatre randonneurs sur le chemin, à Choquequirao il n’y a personne : la cité inca pour deux !

Le site est très différent du Machu Picchu. La ville s’étend sur une plus grande surface, elle est divisée en secteurs de bâtiments assez éloignés et séparés par une épaisse forêt. On retrouve la maitrise de l’eau avec de superbes rigoles en pierres qui relient les secteurs. Il y a encore pas mal de dénivelé entre les secteurs car le coin est très raide ! Le brouillard dense qui écrase la montagne nous empêche de voir le panorama, mais donne à l’ensemble une atmosphère extraordinaire. Choquequirao est peut-être moins grandiose mais beaucoup plus intime : on se promène vraiment dans une ville fantôme inca.

En revanche, ici aussi on paye assez cher pour un service basique : les batiments sont bien restaurés et bien entretenus (par des employés fainéants) mais il n’y a aucune information et très peu de signalisation. Nous manquons de nous perdre dans d’interminables sentiers dans la forêt. Mais avouons-le, se perdre ici a un certain charme !

Le lendemain, nous continuons la visite du site dans une ambiance complètement différente : pas de vent et grand soleil. Nous descendons une pente raide pour atteindre le secteur « des lamas ». C’est une zone agricole de Choquequirao avec une originalité : c’est le seul endroit où les Incas ont agrémenté leurs constructions de représentations artistiques. Sur une vingtaine d’étages de terrasses on trouve autant de lamas dessinés avec des pierres de schiste blanc, tous alignés et menés par un petit berger blanc, tout en bas. C’est très mignon !

…et ça redescend et ça remonte

En milieu de matinée du troisième jour nous quittons le site pour enchainer sur une rude journée de marche : 1500 mètres de descente pour rejoindre la rivière… et 800 de plus pour remonter jusqu’au spot de bivouac !

Sur la photo ci-dessous, il est déjà 15 heures mais il nous reste à rejoindre le plateau en face, le plus à gauche… Heureusement en cours de route, nous nous ravitaillons en fruits : chirimoyas et maracuyas regonflent nos mollets !

Nous arrivons bien après la nuit et plantons la tente vraiment fatigués !

Pendant la nuit il pleut assez fort, y compris dans Vaillante et le dernier matin il nous faut éponger les affaires (dont les passeports). Nous partons donc avant le lever du jour, creuvés et un peu humides.

Encore quelques heures de marche, un pique-nique au milieu des colibris, quelques averses et nous rejoignons enfin le village de Cachora.

Mission accomplie : nous pouvons prendre un taxi puis un bus, avant la mi-journée du quatrième jour. Mais à quel prix ! C’était sans doute la rando la plus physique de notre voyage avec environ 4100 mètres cumulés de descente et autant de montée, 64 kilomètres, des journées de plus de 12 heures et peu de repos.

Aucun regret pour autant car cette belle balade méritait qu’on en profite librement, et avec personne sur le dos, juste nos sacs.

Mais quand nous reviendrons à Choquequirao, nous prévoirons cinq jours !

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4 réponses

  1. Fred - le frangin dit :

    Tout est magnifique et donne sacrément envie dans ce billet (à part la nuit avec inondation de la tente).

  2. Anonyme dit :

    Aaahh ,ça va devait être génial. J’en rêvais et … je ne l’ai pas fait !!!
    Merci pour les photos et ce rêve par procuration. Bisous à tous les 2.
    En espérant que tout va bien

  3. Sandra dit :

    Choquequirao est extraordinaire, tant par son site que ses constructions et ses lamas incrustés dans les murs, eux-mêmes très étonnants dans leur structure. Sublime… Les quatre jours de marche ardue ont tout de même été bien récompensés !
    Les fleurs sont particulièrement belles, et les paysages grandioses. Merci pour ces beautés !
    Et pour Céline, le début d’un chant auquel le pont m’a fait penser : « Le p’tit pont, le p’tit pont, tra la la la laire, le p’tit pont, le p’tit pont, tra la la la la. Au soleil, tra la la la laire…. »

  4. Marie Claire dit :

    merci merci, toujours aussi belles vos photos notamment celles de gros plans de colibris et de fleurs! Un régal.
    Cette cité est vraiment magnifique, merci de me la faire découvrir à moi aussi par procuration, vu que le projet d’y aller avait été annulé pour cause de maladie à l’époque! Il faudra vraiment que j’y retourne, et on moins, on sait à quoi s’attendre sur la durée!! un jour….

    bises à vous 2
    mc

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