Huerquehue

Le parc national chilien de Huerquehue est un lot de consolation à défaut d’un autre trek que nous avions prévu. Pourtant ce parc ne manque pas de piquant !

Râté !

Nous retournons au Chili, à Pucón, et y retrouvons Alex et Phil pour un trek de 6 jours autour du volcan Villarrica. Armés de nos paquets de nouilles chinoises nous allons en taxi nous enregistrer chez les gardes du parc. Sauf que… nous apprenons que le chemin est fermé et bien fermé : il est principalement au dessus du niveau des arbres et enneigé jusqu’à deux mètres de hauteur. Demi-tour un peu honteux et changement de programme !

Nous optons finalement pour un autre parc au nord de Pucón, Huerquehue. Nous partons donc camper (sous la pluie) au camping Olga au bord du lac Tinquilco, où le gérant, Antoine, est malheureusement Québécois, calisse !! Il nous gratifie d’une sacrée histoire au coin du feu : en Février dernier, il a vécu son premier tremblement de terre (dont l’épicentre était à 400 km). A l’endroit même où il nous le raconte, Antoine est réveillé en pleine nuit par le sol qui tremble, le poêle à bois qui traverse la maison. Il sort dans le jardin et voit les gros arbres alentour se balancer, s’entrechoquer ou s’effondrer. Une fois la secousse finie, tous les campeurs se réunissent et discutent (aucun n’est blessé). Un couple était au bord du lac et raconte avoir vu des canards et des rongeurs fuir avant que le bord de l’eau ne recule d’une dizaine de mètres sur la plage de galets.

Deux heures plus tard, c’est la réplique ! Tout le monde se rend au bord du lac et observe un phénomène étrange : l’eau se balance comme dans une cuvette et après que le niveau est descendu puis remonté, un immense tourbillon se forme au milieu du lac, se déplace pendant plusieurs minutes avant de disparaître (pendant ce temps au lac de Pucón la secousse a fait remonter du fond des kilos d’arbres, de saletés et… le corps d’un disparu).

Araucarias de Noël

Le lendemain les prévisions météo sont meilleures et nous marchons vers le plateau principal du parc sur un chemin bien boueux (mais nettement moins glissant qu’à Alerces Andino !). Au lac Chico, c’est la surprise : les premiers araucarias apparaissent dans la brume et se reflètent dans les eaux sombres du lac.

Nous ne nous attendions pas à quelque chose d’aussi beau ! Bon, nous attendions aussi de belles éclaircies et en fait… il neige et il fait froid ! Mais finalement la neige ajoute une ambiance mystérieuse et nous continuons pour le grand tour des lacs : VerdeLos PatosHuerquehueEl Toro. Il y a de plus en plus de neige et nos chaussures sont trempées (enfin surtout la chaussure droite d’Olivier, qui a résisté à cinq réparations…) mais ces grands arbres (millénaires pour certains) aux feuilles pointues recouvertes de neige ont un côté sapins de Noël magique. Même s’il n’y a pas de singes ici, les araucarias piquants sont aussi appelés en anglais « casse-tête des singes ».

Nous rentrons au camping bien humides et pleins de boue, mais contents d’avoir découvert ce petit joyau sous la neige !

Le deuxième jour nous grimpons presque au sommet du San Sebastian, une « grosse colline » qui offre une vue imprenable sur les alentours. En particulier nous admirons le volcan Villarrica sous la neige, légèrement fumant. La descente sera la partie la plus drôle puisqu’elle se fait dans un mélange de boue et de neige : un vrai sport de glisse !

Dans la forêt, nous ramassons des pignons d’araucarias à peu près dix fois plus gros que les pignons de pin. Deux jours plus tard nous les bouillons, mais ça n’a pas un goût exceptionnel…

Après le bain de boue…

De retour à Pucón nous allons observer les phénomènes géothermiques de plus près. Bravant le danger, tels des vulcanologues aguerris, nous nous rendons donc… aux sources chaudes des Pozones. Cinq bassins aménagés en bord de rivière, de 32 à 50 degrés, que nous étudions méticuleusement de 20h à minuit.

Avant de quitter la région nous envisageons l’ascension du volcan Villarrica mais elle se fait en groupe, il y a beaucoup de monde (300 personnes les meilleurs jours) et ça coûte cher. Par contre il est possible de descendre en snowboard et Olivier y voit sa dernière occasion de chausser les bottes… mais tous les quatre, nous faisons le choix de raison et prenons la direction de Pichilemu : la capitale chilienne du surf ! Encore un lot de consolation acceptable.

Planche à eau

Après un trajet en bus un peu laborieux et quelques heures de sommeil dans une gare de bus paumée, nous arrivons dans la petite ville de Pichilemu. Negro nous accueille dans son hospedaje et nous loue combinaisons et planches de surf pour un prix imbattable. Philippe et Olivier passent donc deux jours à travailler leur style dans les beaux rouleaux tandis que les filles les attendent tendrement en préparant des barres gentilles (à moins que ça ne soit l’inverse).

 

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7 réponses

  1. Sandra dit :

    Prem’s !!!
    Hi hi hi !
    Bon je suis très déçue part cette histoire de pignons… Mais une question importante…comment est le suc de pignon ?
    Pour ce qui est des sources chaudes, je suis fière de vous, belle étude, 4 heures, c’est pas rien !!
    Bises les aventuriers !

  2. L’ensemble des 9 photos des araucarias mises bout à bout est très joli. Le petit frère d’un de ses arbres dans un jardin que je connais fait pâle figure à côté de ceux-là, surtout en ce moment. 😉

    L’étrange insecte de la photo semble surtout énorme, à moins que ce soit la photo qui donne cette impression.

    Bonne année encore à vous tous (on va compter vos amis québécois dans l’histoire depuis le temps qu’on les voit qd même) !

  3. Thai-Son dit :

    Oui moi aussi, je suis super déçu quand j’ai vu que c’était des pignons, parce que sur la photo, on dirait des larves d’insectes translucides grillées. Dommage que vous n’ayez pas décrit votre horreur, puis votre délectation d’en manger!

  4. Poune dit :

    Autant je concède que les écorces sont somptueuses autant je ne peux laisser dire sans réagir que d’autres araucarias bien connus font pâle figure (un en particulier est plus fourni que ceux entrevus ). Ce compte entre rédacteurs étant réglé, j’ai un peu froid pour vous. Que de neige entre celle du chili et celle de bretagne! Mais vous avez la ressource de sources chaudes qui ici s’appellent chaudière et chauffe-eau. Bises aux deux

  5. Cécile dit :

    quelle drôle de forêt !

  6. Danielle dit :

    Superbe et étrange la forêt d’araucarias enneigés.
    Araucaria : « Son nom chilien est pehuén et la tribu Mapuche, Pehuenche, porte son nom car elle se nourrissait beaucoup de ses graines. » (Wikipédia)
    Ils sont vraiment surprenants ces arbres venus de la préhistoire.
    J’ai cru moi aussi au premier abord, comme Thai-Son, que l’assiette était garnie de larves d’insectes bien dorées et croustillantes qui faisaient partie des aventureuses découvertes gastronomiques…
    L’étude approfondie des sources chaudes a dû vous réclamer un effort de concentration et d’attention considérable, mais c’était important, dans l’intérêt de la science ! Merci à vous pour cette contribution à la construction des savoirs universels.
    Les surfeurs de légende ont la grande classe dans leur attitude sur la
    planche !Ont-ils ensuite englouti toutes les barres tendres préparées avec amour par leurs dulcinées ?
    Plein de bises bretonnes à vous.

  7. Olivier dit :

    Gouter des trucs dégoutants ? Je ne demande que ça ! Mais les gens d’ici sont beaucoup trop civilisés… 🙁

    Un bel objectif quand même : le cochon d’inde au Pérou !

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