Comme dans un nuage

La saison des pluies commence dans cette région d’Amérique du sud, mais nous ne nous laissons pas abattre. En grimpant dans la cordillère qui surplombe La Paz, peut-être pourrons-nous être au dessus des nuages ?

Tourner La Paz

N’ayant toujours pas de 6000 à notre tableau de chasse, nous signons avec l’agence « Huayna Potosi » à La Paz pour l’ascension du sommet du même nom, à 6088 mètres d’altitude. Il faut passer par une agence pour bénéficier d’un guide et du matériel d’alpinisme (crampons, piolet, chaussures étanches, baudrier, corde, multiples couches de vêtements chauds). La veille du départ le patron (que nous appellerons « Docteur Maboule » parce qu’il est docteur et qu’il est maboule) nous explique que rien n’est garanti et qu’il y a trois raisons pour ne pas arriver au sommet :

– que quelqu’un soit très malade. Peu probable, nous sommes acclimatés depuis des semaines et plutôt en forme.

– un orage. Normalement, en démarrant à une heure du matin, on limite le risque.

– une forte tempête de neige qui limite la visibilité. Évidement ça peut arriver mais nous verrons le moment venu.

Le matin du départ alors que nous faisons les derniers essayages, Docteur Maboule nous refait son cinéma mais comme par magie il y a maintenant quatre raisons : les trois premières plus le risque d’avalanche. Il faut dire qu’un groupe vient de faire demi-tour pour cette raison. Nous sommes un peu dubitatifs devant cette nouveauté, mais nous avons payé et il est temps de partir au refuge…

Hollyday on ice

L’agence possède son propre refuge à une heure de La Paz et a choisi le nom original de Huyana Potosi Refugio. Nous y faisons escale avant d’aller nous entraîner à la marche avec crampons, sur le glacier… Huayna Potosi. Pour les p’tits Québécois ce sont les premiers pas sur glacier, pour nous c’est l’occasion de répéter quelques exercices marrants comme la remontée sur corde fixe, l’escalade avec piolets. Les guides sont assez expérimentés, mais on s’encombre pas trop avec les règles de sécurité : pas de casque et pas toujours de corde pour se balader entre les crevasses…

Pas si près du but

Après une nuit plutôt confortable, nous étions censés monter au refuge d’altitude à environ 5200 mètres, pour tenter l’ascension la nuit suivante. Mais un groupe a encore fait demi-tour à 5600 mètres devant le risque d’avalanche et pour cause : il a neigé 15 centimètres dans la nuit ! Nous décidons donc de ne même pas prendre la peine de monter plus haut : ça nous prendrait une journée puis un réveil difficile, sans aucune chance d’arriver au sommet. Nous profitons donc des deux jours suivants sur le même glacier, en demandant à nos guides de nous distraire : encore quelques exercices puis une belle balade entre les crevasses le troisième matin.

Au final nous aurons passé trois jours sur un glacier encadrés par des guides, pour une centaine d’euros par personne tout compris : rien de dramatique donc. Mais quelle frustration de ne pas avoir pu aller au sommet et un peu de rancœur contre l’agence qui savait sans doute que nous ne pourrions jamais y arriver…

So râté

Après cet échec, nous baissons nos objectifs et relions Sorata, petite ville au pied de la cordillère Real. Nous découvrons la ville au détour d’un virage, accrochée dans une pente de cultures en terrasse. A cette saison, les profondes vallées sont bien vertes et… le ciel bien bouché. Le sommet qui surplombe la ville, l’Illampu, a beau faire 6362 mètres d’altitude, il ne sera que furtivement entraperçu par Olivier !

Nous restons quelques jours à Sorata avant d’admettre que le temps ne va pas bouger : nuages persistants la journée et pluie -au moins- toute la nuit. Nous oublions l’idée de marcher jusqu’à la fameuse Laguna Chillata et nous concentrons sur des activités plus sûres. Céline et Alex prennent un cours de tissage et font leurs premières ceintures à la mode bolivienne. Une journée intéressante !

Aux grands maux les grands remèdes : la Cordillère ne veut pas de nous ? Nous irons voir ailleurs. Français et Québécois prennent alors un chemin différent : c’est la première fois en deux mois ! Mais nous ne doutons pas que nous recroiserons ces deux Môdzits avant de quitter le continent…

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5 réponses

  1. Je comprends la déception, m’enfin quand je vois vos cordées sur un glacier à plus de 5200 mètres d’altitude au beau milieu de la Bolivie, je me dis qu’il y a quand même déjà de quoi être fiers.

    J’espère pour vous que le reste de vos treks dans la « région » ne seront pas trop pourris par la saison des pluies. Sinon ben je commande d’avance une ceinture à la mode bolivienne même si elle doit être faite au Pérou !

    Bises les Treks Globbers !

  2. Sandra dit :

    Ben moi je trouve que vous êtes très beaux en randonneurs sur les glaciers !
    Vous restez quand même bien courageux et dignes malgré ce minuscule échec !
    Au passage magnifique photo de fleur !
    Pour la ceinture je te donne mon tour de taille en privé Céline !
    Bisous à vous deux.

  3. Sandra dit :

    Belles photos toujours, et avec vous dessus en prime, ce qui réjouit toujours le coeur.
    J’attends avec impatience le pied tisseur et l’ensemble de la personne qui le prolonge…

  4. Laurent dit :

    « Tourner la Paz »… Merci. Vraiment 🙂

    A part ça, je ne dois plus avoir du tout les mêmes standards que vous parce que moi je trouve ça vachement chouette ce que vous avez fait !

  5. Olivier dit :

    « Tourner la Paz »… Merci. Vraiment 🙂

    Hé hé, ça fait plaisir de voir que tu suis.
    Tu sais que tu as été un grand soutien dans la recherche des titres et sous-titres les plus pourris du monde !

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