L’Abel bleu

Il est grand temps de resortir nos chaussures de rando, mais comme c’est encore l’hiver et que la neige nous bloque la route, direction la péninsule d’Abel Tasman : une rando côtière au nord de l’île du sud.
Le nom de ce « great walk » nous rappelle nos aventures tasmaniennes, mais heureusement… cette fois, le beau temps est au rendez-vous !

Allo, c’est le DOC

En Nouvelle Zélande, une randonnée commence par la consultation du DOC. Oui, le Departement Of Conservation, sorte de ministère de la nature en charge des parcs nationaux, de la sauvegarde d’espèces animales et végétales, de campings, de l’entretien des sentiers. En fait, la plupart des offices du tourisme du pays sont aussi des bureaux du DOC et conseillent sur les balades et en autorisent ou non l’accès. Autant dire que nous aurons souvent à faire au DOC !

Nous profitons donc d’un jour pluvieux (il y en a parfois) pour aller réserver deux nuits en « hutte ». Comme cette randonnée est un des neuf « great walks » du pays, il faut non seulement payer sa nuit en refuge, mais même réserver sa place à l’avance !

Heureusement c’est encore la période creuse donc on peut faire ça la veille et surtout on ne paye « que » 17$ (10€) par personne et par nuit et pas le double comme en octobre !!

En contrepartie, il faut admettre que le personnel du DOC est très serviable et de bon conseil. Il nous informe notamment sur les horaires de marée qui vont déterminer notre itinéraire et nous permet également de réserver la dépose en bateau-taxi à notre point de départ, au nord de la péninsule.

Alléluia

Le premier jour, l’impossible se produit : les nuages de la veille font place à un grand ciel bleu ! Le trajet en bateau se fait « à l’Australienne » : ponctué d’arrêts commentés, d’anecdotes, de blagues, on observe les phoques sur une île, on ne s’ennuie pas !

La rando démarre réellement à Tataranui d’où il faut rejoindre la baie de Awaroa sans trop traîner car la traversée se fait uniquement à marée basse. On tombe les godiots et on laisse glisser la vase entre les orteils, c’est sympa !

A force de monter et descendre des petites collines, faire des détours par de jolies plages, on arrive au coucher du soleil à la première hutte de Bark Bay. C’est très confortable avec poêle au gaz au milieu du salon à larges baies vitrées, eau potable et dortoirs avec de bons matelas.

Chemin côtier

Le chemin continue au milieu d’une forêt humide avec des jolies vues sur une mer azur (mais froide). Il est très praticable, voire même trop : il est lisse comme du bitume et fait un bon mètre cinquante de large. Nous découvrons les méthodes d’entretien des sentiers : dynamite et buldozer. Tout en finesse…

Ça nous laisse un peu dubitatif car il semble que la rando ici s’envisage comme quelque chose de confortable mais donc bien organisé et un peu contraignant.

En effet ces chemins ultra entretenus, ces huttes très confortables attirent beaucoup de monde, surtout en été. Résultat, il faut réglementer l’accès et demander un droit d’entrée important… qui est investi dans l’entretien intensif du parc. La boucle est bouclée.

En général nous préférons les randos un peu plus « sauvages » : gratuites et peu fréquentées ! Mais en attendant… nous avons la chance de faire celle-ci en hiver ET avec du beau temps ! Nous croisons donc peu de randonneurs, c’est très paisible.

Nous rejoignons donc la deuxième hutte d’Anchorage Bay tranquillement en profitant de chaque petit détour qu’offre la rando vers de très jolies criques. Nous regrettons un peu de ne pas avoir pris la tente car la plupart de ces criques est ouverte au camping et il fait tellement beau… mais qui aurait pu le deviner ?!

En tout cas, le chemin est vraiment sympa car on passe très vite d’une plage de sable très fin à des cascades entourées d’épaisse forêt vierge, c’est très varié sans avoir à faire de dénivelée importante.

Balades

La rando peut se faire en deux jours mais nous avons opté pour la version « cool » et nous avons bien fait. Nous profitons du coucher de soleil sur la pointe Te Pukatea. Le troisième jour, nous prenons encore bien notre temps pour profiter de tous les « side walks », ces petits aller-retours vers les plages, qui finissent, en s’accumulant, par bien nous fatiguer.

Nous comparons avec curiosité la baie de Watering Cove avec le tableau qu’il en avait été fait en 1827 lorsque la Nouvelle-Zélande était à peine explorée par l’explorateur Dumont d’Urville : ça n’a pas trop changé !

Sans y croire jusqu’à la dernière minute, nous rejoignons le van sans avoir vu une goutte de pluie en trois jours : cool !

C’était vraiment une rando qui fait du bien : un peu de fatigue mais pas de galère, que du soleil et des jolies vues.

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4 réponses

  1. Sandra dit :

    Je suis contente de voir vos nouvelles aventures…
    Je complèterai mon commentaire !
    Voilà qui est fait !!
    Comme d’habitude belles, très belles photos !!
    Je vois que vous continuez les soins du corps : après les crevettes pédicures, les bains de boue pour les pieds !
    Juste une question sur l’entretien des chemins, les feuilles sont-elles régulièrement enlevées par les rangers ?
    Allez plein plein de bises à vous deux

  2. Danielle dit :

    Peu de place pour l’improvisation et la fantaisie chez les Anglo-Saxons…
    Très belles photos encore, beaucoup de plaisir à vous retrouver à travers vos commentaires.
    Excellente idée, la photo de Watering Cove aujourd’hui, juxtaposée au dessin de 1827. Rien à voir avec une photo de la côte méditerrannéenne française comparée à un croquis de la même époque !
    Les Néo-Zélandais savent préserver leur pays et sa beauté.
    Bonne randos au Chili !

  3. Danielle dit :

    Un petit oubli : spécialement pour Céline, qui comprendra tout de suite, « le p’tit pont »

    Le p’tit pont, Le p’tit pont, tra la la la la la, Le p’tit pont, , Le p’tit pont, , tra la la la la.
    Au soleil, trala la la la la….

  4. Cécile dit :

    très beau
    la nouvelle zélande m’intrigue… drôle de mélange entre la neige et les forêts qui semblent presque tropicales….
    bisous

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